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Marie Jardin (Observatoire régional de la santé, Paca)

Plus d’1 jeune sur 10 concerné par une souffrance psychologique ou un épisode dépressif caractérisé en Paca

La souffrance psychologique correspond à la présence de symptômes anxieux et dépressifs, plus ou moins intenses et durables, qui peuvent être réactionnels à des situations éprouvantes et à des difficultés existentielles ou résulter d’un trouble psychiatrique. En 2010, en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), 14,7 % des jeunes âgés de 15 à 25 ans ont présenté une souffrance psychologique dans les 4 semaines précédant l’enquête (Baromètre santé de l’I.N.P.E.S 2010 ; 14,4 % en France métropolitaine). Cette souffrance psychologique était deux fois plus fréquente chez les filles (20,4 %) que chez les garçons (9,1 %) au sein de cette classe d’âge.

La dépression constitue un des troubles psychiatriques les plus fréquents. C’est une cause importante de morbidité et de mortalité. Il s’agit notamment d’un des principaux facteurs de risque de suicide. Ce trouble entraîne des répercussions non négligeables sur la vie affective, sociale et professionnelle. En 2010, 11,6 % des jeunes âgés de 12-25 ans en Paca ont présenté un épisode dépressif caractérisé (EDC), un taux plus élevé qu’en France métropolitaine (8,2 %, baromètre santé de l’I.N.P.E .S 2010). Dans 7 cas sur 10, ces cas de dépression étaient d’intensité peu sévère. La fréquence des EDC était 5 fois plus élevée chez les filles (19,5 %) que chez les garçons (3,9 %).

Un recours aux soins particulièrement faible chez les jeunes avec un trouble de santé mentale

En Paca, en 2010, parmi les personnes de tous âges souffrant d’un EDC, près d’une sur deux (48,5 %) a consulté un professionnel ou un service spécialisé ou non (urgences, Centre-Médico-Psychologique, hôpital de jour…) en raison de ses symptômes. Le recours était nettement plus faible chez les 15-25 ans (34,5 %). Ces résultats sont très proches de ceux constatés chez des étudiants entrant à l’université souffrant de dépression en 2008[1].

Les jeunes constituent la classe d’âge la plus à risque de tentative de suicide (TS) et de sa récidive

En Paca, en 2010, 3,1 % des 15-25 ans ont déclaré avoir eu des idées suicidaires dans les 12 mois précédant l’enquête (3,2 % en France métropolitaine, baromètre santé de l’I.N.P.E.S, 2010). Parmi les jeunes ayant déclaré avoir déjà pensé au suicide, plus de 9 sur 10 ont déclaré avoir imaginé comment se suicider, proportion plus importante que chez les personnes plus âgées.

De plus, 2,3 % des 15-25 ans ont déclaré avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours au cours de leur vie (baromètre santé de l’I.N.P.E.S, 2010 ; 4,5% en France métropolitaine). La prévalence des TS au cours de la vie était près de 4 fois supérieure chez les filles que chez les garçons (3,6 % contre 1 %, p < 0,04). Dans plus de 85 % des cas, les raisons évoquées pour expliquer les TS étaient d’origine sentimentale ou familiale. La prévalence annuelle des TS était plus élevée chez les jeunes que chez les personnes plus âgées, en Paca (0,7 % versus 0,4 % toutes classes d’âge confondues) comme en France (0,7 % versus 0,5 %).

Les jeunes constituent la classe d’âge la plus à risque de récidive des TS : parmi ceux ayant déjà fait une TS, 42,7 % ont récidivé en Paca, 38,4 % en France métropolitaine (30,8 % toutes classes d’âge confondues en Paca).

Une personne sur 10 a déclaré ne pas avoir eu recours aux soins après sa TS

En 2010, parmi les personnes ayant fait une TS, toutes classes d’âge confondues, 58,7 % d’entre elles ont déclaré avoir consulté à l’hôpital ou avoir été hospitalisées et la moitié (50,7 %) avoir consulté un médecin ou un psychologue. Près de 2 sur 3 (60,1 %) ont parlé de leur geste avec une autre personne qu’un professionnel. Une personne sur 10 (10,6 %) a déclaré ne pas avoir eu recours aux soins pour sa TS.

Une mortalité par suicide qui touche plus les hommes que les femmes

Sur la période 2009-2011, chez les jeunes de 15 à 24 ans, le nombre annuel moyen de suicides en Paca était de 32, dont 20 chez les garçons et 12 chez les filles. Sur la même période, on comptabilisait 778 décès par suicide en moyenne par an en Paca dans la population générale. Le nombre de décès par suicide est nettement plus important chez les hommes que chez les femmes, quel que soit l’âge : en moyenne sur cette période, 68 % des décès sont survenus chez des hommes (soit 526 décès) et 32 % chez des femmes (soit 252 décès).

En 2009-2011, le taux de mortalité par suicide en Paca chez les 15-24 ans était de 5,6 décès pour 100 000 personnes. Il était inférieur au taux national qui s’élevait à 6,5 décès pour 100 000 personnes âgées de 15 à 24 ans. Le taux de mortalité par suicide était plus élevé chez les hommes que chez les femmes, en Paca comme en France.

Le suicide, deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 24 ans

Sur la période 2009-2011, le suicide représentait 13,7 % de l’ensemble des décès chez les 15-24 ans, 18,5 % chez les 25-34 ans et 1 % de l’ensemble des décès après 65 ans.

Les suicides représentent ainsi la 2ème cause de mortalité chez les jeunes de 15-24 ans en Paca en 2009-2011, après les accidents de transport (33,1 % de l’ensemble des décès dans cette tranche d’âges).

Une tendance globale de la mortalité par suicide à la baisse

Le taux de mortalité par suicide pour les 15-24 ans tend globalement à décroître depuis les années 80 en Paca comme en France. Chez les femmes, on observe une diminution de 1982-1984 à 1994-1996 puis une quasi-stagnation sur la période qui suit jusqu’en 2009-2011. Chez les hommes, des variations sont également observées : une diminution sur la période 1979-1981 à 1988-1990, un accroissement sur la période 1988-1990 à 1991-1993 suivie d’une diminution jusqu’en 2009-2011. Ces variations restent difficiles à interpréter (variations réelles ou liées à l’enregistrement des décès par suicide ?).

VOIR LES GRAPHES


[1] Verger, P., et al., Psychiatric disorders in students in six French universities: 12-month prevalence, comorbidity, impairment and help-seeking. Soc Psychiatry Psychiatr Epidemiol, 2010. 45(2): p. 189-99.

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